Le Monde de Runa

 

Le conte musical contemporain aborde avec poésie des sujets comme la tolérance, la violence, l’identité et la mort à travers la rencontre de personnages espiègles, loufoques et surprenants.
Spectacle familial à destination des enfants de 7 à 12 ans.
Durée, 1h.

 

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Le Monde de Runa

Les Araucas sont de vieux Esprits qui gardent l’entree d’un autre monde, le monde où vit un garçon que ses parents ont appelé Runa. Ce soir, il aura quinze ans et il dira les paroles secrètes qui transforment les enfants en grandes personnes.

Mais contrairement aux autres, ses yeux se sont assombris de deux taches noires qui le font ressembler à un raton laveur et le rituel reste inachevé. S’il n’est pas encore un homme, il ne sera jamais plus un enfant…L’adolescent décide alors de remonter la rivière à la recherche de l’Esprit qui l’habite. Dans sa quête éperdue, il va rencontrer la fleur devenue nénuphar, le cheval d’un carrousel abandonné des hommes, un voleur d’âme qui tient enfermé une figurine de boîte à musique et un homme étrange qui a vaincu la mort et qui tient à sa ceinture le secret qui donnera à Runa le courage de retrouver le chemin de son peuple et de devenir un homme.

Les personnages

Narrateur. Personnage énigmatique, à la fois démiurge et intermédiaire. On ne connait ni son âge, ni sa condition. Il détient seul le secret de cette histoire et sa voix est celle de Runa à un autre moment de sa vie.


Runa. Adolescent de 15 ans maladroit et impatient dont les certitudes vont s’effondrer brusquement. Un bouleversement profond de son corps va l’obliger à une transformation douloureuse mais libératrice et apaisante.

Wak’a. Esprit protecteur de la rivière. C’est un être immatériel, omniscient et farceur. Il existe bien qu’on ne puisse ni le voir ni le toucher. On peut ressentir sa présence douce et transparente quand on est à ses côtés.

Nina. Petite fleur des champs devenue Nénuphar. Déterminée, espiègle, souple d’esprit et de corps. Elle a envers et contre tout et tous, réalisé son rêve.

Le Cheval du Carrousel. Créature désenchantée, difforme et méfiante. Autrefois il était cheval de bois et faisait partie d’un manège pour enfants. Il est ce que les hommes ont fait de lui et paye lourdement leur folie et leur orgueil destructeurs.

Le Démon. Voleur d’âmes d’enfants. Séducteur à l’intelligence vive mais sournoise et au corps monstrueux.


La Figurine. Jeune femme insoumise née danseuse de boîte à musique. Elle refuse de vivre comme ses aînées et de de se plier à un monde conformiste et genré.

L’Homme qui a vaincu la mort. Vieillard malingre et inquiet. Il hante depuis que le monde est monde son auberge et protège son âme de la mort, mais il se sent seul et fatigué.

La création

Runa est né d’un déracinement vécu dans ma petite enfance. Une traversée douloureuse entre deux cultures. Un monde à reconstruire et en filigrane la question universelle du passage. Qu’accomplit-on dans les transitions, les états intermédiaires ? L’ethnologue français Arnold Van Gennep considère que les rites de passage permettent à l’individu de structurer et donner un sens à l’existence. Est-ce aussi simple dans une société métissée comme la notre ? Comment faire pour que cette transformation profonde ne soit pas douloureuse ? Peut-on se construire à nouveau dans un espace-temps sacré ? En accompagnant Runa dans sa quête d’identité, le jeune spectateur traverse les trois séquences du rite que sont la séparation, la marge et l’intégration.

Le sujet de la métamorphose, de l’incorporation comme acceptation soulève aussi la question de l’écriture. Comment marquer la différenciation, l’hybridité, le voyage dans le sacré ? J’ai pensé au théâtre fragmentaire qui s’apparente à un montage. Il joue beaucoup avec les formes et attire le jeune public habitué aux images superposées. J’ai donc appuyé la composition du Monde de Runa à la fois sur le principe de l’épicisation et sur le réalisme magique latinoaméricain. Je cherchais à enrichir l’interprétation et à solliciter l’imaginaire du public.

Pour créer ce spectacle pluridisciplinaire, une collaboration s’est nouée avec les artistes pour utiliser les codes du conte, du théâtre, de la danse et de la musique lors d’une résidence à La Fabrique de la Ville de Nantes.

Sur scène, l’aménagement est simple. Les jeux de lumière font exister les univers. La musique participe de cette volonté d’emporter le spectateur. Elle devient à l’instar d’une petite sphère lumineuse objet dramaturgique et partenaire de jeu. La mise en scène privilégie le corps (expressif et ludique), la musique et les codes du conte pour entrainer le spectateur dans un univers onirique, poétique, universel et contemporain.

Auteur, metteur en scène, interprète,
 Nata Gatto

Musique originale, Zaina Hmida



Chorégraphie, Pascaline Vincelot

Création lumière, Nicolas Jarnoux


Photographie affiche, Bjan

Images et réalisation, Quentin Bernard

Création graphique,
 Maud Biron


Avec le soutien du Centre Accoord
 de Bellevue, du Dix

et de La Fabrique